M. CODDERENS.- Monsieur le Président,
En guise de politique économique régionale, vous nous présentez une liste de subventions qui, du moins, dans leur présentation, ne donne pas de vision claire sur l’action menée. Sous des grands titres, il est associé beaucoup de choses hétéroclites qui par elles-mêmes semblent tenir la route mais qui, au final, laissent une impression d’évitement de la réalité économique actuelle. Pour exprimer cela, mon intervention se fera en trois temps : tout d’abord, je présenterai une analyse succincte de la situation actuelle, puis j’évoquerai l’allocation des aides 2008, et je terminerai par une analyse des objectifs 2009.
L’analyse globale
Si, depuis l’année 2006, l’économie alsacienne se maintenait, elle subit aujourd’hui la crise financière et économique ayant pour conséquence une augmentation du chômage depuis le mois d’août. Pour réagir à ce fléau, que proposez-vous ? Le SRDE. Même si ce document est d’une certaine qualité, il ne répond plus exactement aux critères économiques actuels. Quand une nouvelle ère de mutation économique arrive, il faut faire preuve de plus de réactivité et de soutien dans l’aide aux activités traditionnelles ; et surtout de plus de protection vis-à-vis de l’extérieur. Or, vous, vous faites le contraire : l’Alsace subit les causes d’une mondialisation excessive, où tout va très vite, et vous, tel le Docteur Diafoirus, vous voulez amplifier ces causes en guise de remède. Ainsi, le SRDE propose de renforcer l’ouverture à l’international qui, comme chacun sait, fragilise parfois nos industries en exacerbant une compétitivité tuant les emplois traditionnels qui faisaient des produits de bonne qualité, pour récupérer des produits nocifs et de mauvaise qualité venant de l’étranger – et je ne parle pas que de la Chine. L’ouverture économique, dont vous continuez à vous faire le chantre, facilite les répercussions très rapides des crises économiques et ne peut favoriser la construction de digues canalisant et régulant l’activité. Mais je sais que nous sommes maintenant prisonniers d’une administration moscovite, enfin, bruxelloise, qui limite nos marges de manœuvre. Votre rapport l’indique page 3 : « l’objectif de compétitivité régionale» est défini par l’Union Européenne. Nous sommes dans une guerre économique, et nos entreprises demandent plus que des animateurs économiques des territoires même s’ils font tout ce qui est en leur pouvoir pour améliorer leur situation. Mais travaillons sur cet axe, puisque nous ne pouvons faire autrement.