MME BINDER.- Si le contexte budgétaire communautaire impose une approche d’austérité dans les mesures agricoles, la réforme de la PAC a des effets pervers. L’insuffisance des ressources financières disponibles et la concurrence de nouveaux pays bénéficiaires potentiels mettent la France dans une position délicate. Plus que jamais il faut donc une politique agricole qui tienne compte des besoins alimentaires, de l’export et apporte la matière 1ère nécessaire à la diversité des cultures face à la concurrence déloyale : il faut une préférence communautaire. Mais, la question fondamentale en cette période de crise c’est l’aide que l’on va apporter aux jeunes agriculteurs et aux victimes du surendettement afin de pouvoir pérenniser leur activité.
On dit souvent que l’agriculture est « notre arme verte » alors il faut qu’elle soit performante et de l’ordre de l’autosuffisance alimentaire Européenne. Sans cela nous ne pourrons plus venir en aide au déficit grandissant alimentaire mondial.
C’est pourquoi, ce budget plutôt équilibré d’un point de vu agricole montre que notre Région a la capacité de se battre pour une autre vision de l’agriculture. Car il n’y a pas que l’intérêt de l’Europe et de la France.
A ce propos j’ai été ravie de retrouver les logos « fruits et légumes d’Alsace » dans la campagne très médiatisée du Comité d’Entreprise de Peugeot qui a proposé à ses salariés des légumes à prix réduits pour les fêtes. On est donc aujourd’hui à même de proposer une labellisation reconnaissable, identifiable dans des circuits courts et de proximité. Notre filière d’écoulement régionale est donc valorisée et concurrentielle au niveau de la qualité et du prix. C’est donc un bon point.
Mais je ne pourrai pas être aussi louable sur votre politique énergétique et environnementale. Qui représente tout de même deux tiers de votre budget. Sous couvert du Grenelle de l’environnement on se fixe des objectifs de Plus 23% d’énergies renouvelables, et justement c’est un piège. En fait, le grenelle est concentré sur le développement durable et oubli par exemple la condition animale (rien sur les élevages, le transport des animaux, l’abattage même rituel qui pose problème) et le Grenelle oubli également le volet de l’agriculture bio dite « raisonnée »
Ainsi, l’affaire Kokopelli et celle du purin d’ortie ont démontré la toute puissance du lobby agrochimique et le rejet des produits naturels et libres de brevets.
Autre chose sympa du Grenelle, c’est la fin des avantages fiscaux pour les agro carburants en 2012. Dès lors qu’ils seront soumis à la TIPP alors qu’ils ne sont ni pétroliers ni importés, que direz-vous aux agriculteurs qui ont investi dans cette filière ?
Je crois que ce n’est pas en jetant de la poudre aux yeux et en se gargarisant de déclarations d’autosatisfactions béates que vous nous convaincrez du bien fondé de vos actions en matière agricole.
Un exemple concret : Le granulé bois
Vous avez soutenu Monsieur le président la campagne très médiatisée pour la nouvelle chaudière granulés bois de l’entreprise De Dietrich. La question se pose : effet d’annonce ou réalité ?
Quand on sait que la chaudière n’est pas encore au point, que les essais sont fait dans les pays scandinaves et que les retombées alsaciennes sont faibles.
Je m’explique, les réalités industrielles ne sont pas forcément celles souhaitées par la Région.
Ainsi, la chaudière granulés bois 1ère génération de De Dietrich a été un échec et les détenteurs malchanceux on l’impression de ne pas compter) Et aujourd’hui on lance la 2ème génération de chaudières alors que l’on ne sait pas quand elle sera au point, commercialisée ou même si elle le sera jamais…..
Ainsi, la grosse publicité Région -De Dietrich est-elle aussi de l’effet Bling- Bling ?
La réalité est que si vous allez sur le site de l’entreprise De Dietrich dans la rubrique « solution de chauffage » on vous propose d’emblée la condensation, la pompe à chaleur, le bois classique et pour le granulé bois il faut chercher, fouiller le site pour trouver ce mode de chauffage.
La raison en est simple : le marché du granulé dominé par les autrichiens n’est plus assez juteux et la priorité industrielle prime sur la politique Régionale favorable au granulés.
Alors, Monsieur le président est ce bien raisonnable sous couvert de Grenelle de soutenir des programmes dont on sait qu’ils ne sont que des effets d’annonce. (Mais tout de même avec les financements de la Région)
Mais, quelques mots encore sur la gestion des déchets, car ceci risque de devenir très important à l’Avenir pour nous tous. Car en 2009 la phase opérationnelle du plan régional d’élimination des déchets est mise en place. On risque donc d’avoir des surprises et comme le titrait un quotidien régional il y a quelques jours « dès qu’on creuse, c’est pollué…. »
Alors, monsieur le président nous comptons sur votre vigilance pour le développement et la protection de l’agriculture alsacienne. Et que surtout le mot développement ne soit pas qu’un vœu pieux.
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