M. BINDER.- Monsieur le Président, Chers Collègues,
C’est le samedi 26 avril dernier, dans cet hémicycle, en invitant les nouveaux maires d’Alsace, que vous leur annonciez vos 4 grandes priorités : Rétablir la compétitivité de l’Alsace, le développement durable, la cohésion sociale du territoire et valoriser l’identité de l’Alsace.
Malheureusement je suis au regret de vous dire que vous avez échoué. Oui vous avez échoué dans l’aménagement et cohésion territoriale du territoire alsacien comme vous avez échoué dans la mise en valeur de l’identité alsacienne.
Vous avez trompé les Alsaciens lors du débat sur la convention portant sur la politique régionale des langues dans le système éducatif en Alsace – 29 juin 2007. En Effet, on nous annonçait des ambitions clairement définis par rapport à la convention précédente : 2 fois plus de sites, 2 fois plus d’élèves. On ne pouvait qu’être septique quant au résultat, car le résultat est le déclin indéniable de l’allemand. Aucune garantie sur de nouvelles ouvertures de classes bilingues. On nous parle de l’objectif du doublement du nombre d’élèves. Comment sera-t-il atteint ? Quelles garanties avons-nous ? Le question du recrutement des maîtres allemands qui pourrait être une solution de transition n’est même pas abordée !!! Avec une telle convention, nous accompagnons le déclin de notre culture et de notre langue. Or, celles-ci sont malades. Vous nous proposez un traitement de soins palliatifs.
Nous, nous vous proposons un traitement de choc. Il faut se donner les moyens d’inverser la situation :
- avec l’augmentation significative des écoles bilingues et particulièrement dans des secteurs proches des collèges, pour permettre la continuité ;
- l’Alsace doit devenir la « Région test » dans l’enseignement bilingue ; il fallait travailler sur le sujet avec les 2 autres collectivités départementales,
- je vous avais proposé de réunir tous les acteurs de la promotion et défense du bilinguisme en organisant les « Assises du BILINGUISME » et vous ai proposé un programme ambitieux au travers de « l’Année de l’Alsace ».
La convention aurait du faire l’objet d’un débat entre le Conseil Régional d’Alsace et les Conseils généraux 67 et 68 afin que nous puissions l’amender, la modifier et l’améliorer. Elle ne prend pas en compte ce qui se passe sur le terrain, comme l’engagement des associations, des parents d’élèves,…
Cette convention est somme toute très floue, sans véritable contrainte, ni réel objectif (nombre d’élèves, nombre de classes ouvertes, nombre de professeurs formés) et les moyens en sont dérisoires par rapport aux enjeux réels et à l’avenir de notre société.
Concernant l’enseignement de la Langue et de la Culture Régionale : L'option Langue et Culture Régionales est une option facultative ouverte à tous les élèves dès la 4ème. 1 heure par semaine environ, une équipe de professeurs fera découvrir par des visites de musées, d'expositions, des cours, des recherches personnelles, des travaux en groupe, des sorties,.., les particularités et les nombreuses richesses de l'Alsace. En 4e et 3e, l'option entre dans le contrôle continu pour le Brevet des Collèges. Durant l'année 2005-2006, ce ne sont pas moins de 4982 élèves dans l'académie qui ont suivi cette option. L'option langue et culture régionales est ouverte aux élèves de seconde à la terminale : pour l'élève elle est soit la poursuite d'un cursus commencé dès la classe de 4ème, soit elle est une nouvelle option de la classe de seconde. 1 heure par semaine environ. Cette option prépare aussi les lycéens à une épreuve de baccalauréat qui comprend une interrogation orale portant sur le programme effectué au choix : en français, allemand ou alsacien.
Durant l'année scolaire 2005-2006, ce ne sont pas moins de 4158 élèves (tous niveaux) dans l'Académie qui ont suivi cette option, dont 1102 l'ont présentée au baccalauréat. Pour notre Alsace, le Conseil Régional d’Alsace doit demander que l’enseignement LCR ne soit plus une option mais une matière à part entière. Face à la trop grande méconnaissance de notre culture alsacienne, nous devons permettre l’enseignement de l’histoire de notre Région, des auteurs alsaciens, leur faire découvrir des hommes comme le Docteur Albert Schweitzer, célèbre médecin philosophe mais également musicien, théologien et missionnaire. Oui nous demandons que l’option LCR soit partie intégrante des programmes scolaires de la 4ème à la terminale devenant ainsi une épreuve obligatoire au baccalauréat. « La langue est la clé de la culture » Frédéric Mistral Au fil des pages des documents budgétaires, on découvre d’autres éléments étranges, mais qui ne surprendront pas l’observateur avisé puisqu’il s’agit d’un budget pré-électoral.
Je ne vous ferai pas aujourd’hui un catalogue des espoirs déçus, je vous réserve cela pour vendredi.
Si vous restez sur votre projet, si vous ne réduisez pas les dépenses inutiles, si vous ne baissez pas les impôts, si vous ne changez pas de direction Monsieur le Président, vous ne serez pas ce Président qui redonnera de l’espoir et du courage aux Alsaciens !
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