La 6e Marche pour le Respect de la Vie a rassemblé, dimanche 17 janvier 2010, à Paris, quelque 20 000 personnes, pour demander l'amélioration de l'information des femmes enceintes. Une marche organisée à l'occasion du 35e anniversaire, jour pour jour, après la promulgation de la loi Veil légalisant l'avortement en France.
Le message de cette 6e édition était centré sur l'information des femmes enceintes, jugée « insuffisante et partiale ». « Certaines femmes confrontées à une grossesse surprise se rendent au planning familial parce qu'elles sont dans la détresse et dans l'incertitude, pas forcément parce qu'elles veulent avorter. Or, c'est la seule voie qu'on leur propose », a expliqué Cécile Edel, psychologue de formation et présidente de « Choisir la vie ».
« La nouvelle d'une grossesse peut être un choc. Les femmes concernées, notamment les plus jeunes, ont besoin de ce temps pour s'approprier leur maternité. Aujourd'hui, on ne leur laisse pas ce temps ». L'avortement est un « échec tragique » se traduisant par « toujours moins de respect de la vie, toujours plus de solitude et de souffrance pour les femmes ».
Paul Ginoux-Defermont, porte-parole du collectif organisateur « En marche pour la vie », estime que l'entretien avec le planning familial devrait être l'occasion d'informer les femmes sur les moyens de les soutenir avant et après la naissance du bébé. Une manifestante, infirmière à la retraite, note pourtant que les structures destinées à accueillir les femmes enceintes en détresse manquent : « Je suis contre l'avortement, mais en face, il faut de vraies solutions », insiste-t-elle.
La manifestation a reçu le soutien d'un certain nombre d'évêques catholiques, ainsi que de certaines personnalités dont l'historien Jacques Dupaquier, membre de l'Académie des sciences morales et politiques. Une délégation de San Francisco était également présente.
Le Figaro.fr estime que l'IVG reste un « sujet qui fâche » en Occident et aux Etats-Unis. Ainsi en Espagne, où un projet de loi défendu par le gouvernement voudrait dépénaliser et autoriser l'avortement jusqu'à 12 semaines, une large manifestation a réuni plus d'un million de personnes à Madrid le 17 octobre 2009. Mariano Rajoy, chef des conservateurs espagnols, a annoncé qu'il dénoncerait la loi devant le Tribunal constitutionnel en cas d'approbation, tandis que l'Eglise catholique a affirmé que l'opposition « s'intensifierait jusqu'au retrait du projet de loi ». Celui-ci a été adopté par la chambre des députés ; elle doit encore recevoir l'approbation du Sénat.
En Italie, la commercialisation de la pilule abortive RU 486, officialisée le 10 décembre 2009, rencontre l'opposition du gouvernement et de l'Eglise. Par ailleurs, le taux de gynécologues refusant de pratiquer des avortements est passé de 58% en 2003 à 70% en 2007.
L'Irlande n'a organisé le second référendum sur le Traité de Lisbonne qu'après avoir eu l'assurance qu'elle pourrait conserver sa législation proscrivant tout avortement.











