L’agriculture n’est pas épargnée par la crise économique qui frappe toute l’Europe. Car malgré de bonnes récoltes, la morosité de la consommation et la forte baisse des échanges mondiaux ont conduit à un recul généralisé des prix à la production. Dans un même temps les charges des exploitations restent à un niveau très élevé en sachant que pratiquement tous les agriculteurs sont endettés jusqu’au cou.
Depuis 30 ans notre agriculture n’avait pas vécu une telle crise ; le revenu agricole, l’année dernière, a encore diminué : de 35% ! Et pourtant les agriculteurs alsaciens et lorrains n’ont jamais produit autant de blé et de colza : leurs revenus tombent cependant dans le négatif. Comment cela se fait-il ?
C’est l’Etat qui porte cette lourde responsabilité puisqu’il cautionne l’abandon des outils de régulation européens, ce qui fragilise un peu plus les producteurs. Donc en toute logique une importante majorité d’agriculteurs est persuadée que le Marché-Commun européen est responsable de leur situation.
Ils ont bien-sûr, et malheureusement, raison de le penser. Car les responsables de la France ont décidé de créer ce marché commun européen peu après la fin de la dernière guerre, ce qui était sur le plan économique et politique une excellente initiative. Ils ont dons supprimé les droits de douane qui nous protégeaient des produits allemands ou portugais. Mais ils ont conservé et même augmenté sans hésiter les charges pesant sur les agriculteurs français, alors que le Portugal et l’Allemagne faisaient l’inverse. Ce qui est désastreux sur le plan économique … mais ne sommes-nous pas le pays le plus imposé fiscalement en Europe ?
Sont coupables de ce disfonctionnement ceux qui dirigent notre pays depuis plus de 30 ans : par exemple ils obligent les paysans français à payer leurs ouvriers agricoles 16€ de l’heure alors que les paysans portugais ou allemands ne les payent que 6€, j’en est déjà parlé dans un article précédent.
Comment avec de telles conditions les agriculteurs arrivent encore à tenir, c’est probablement grâce aux subventions européennes. Autrement c’est strictement impossible de tenir. Mais à longue échéance le paysan, son ouvrier agricole, seront obligatoirement réduits au chômage. Et nous ? nous serons dépendants d’autres pays … plus ou moins lointains. Etait-ce là le but ? Intéressante question …
J-C Altherr / J. Gremmel
A lire notre dossier : « Pour une agriculture enracinée » présenté par Martine Binder sur notre site www.alsace2010.com











